Le 27 octobre 2023, ma vie a basculé. Suite au départ brutal de Michel, mon compagnon de route depuis 18 ans, j’ai été projetée dans un chaos que ni les livres ni les conseils bienveillants ne peuvent préparer. Aujourd’hui, avec le recul d’une année de cheminement, je souhaite partager ce « carnet de chantier » de l’absence. Car si le deuil est un tabou social, il est avant tout un processus de cicatrisation naturel et sacré.
Le Choc : Quand le corps prend le relais
À l’annonce du décès, j’ai vécu ce que la science nomme la dissociation. Mon esprit s’est anesthésié pour survivre. En tant que Maître d’Œuvre de l’Être, j’ai ressenti physiquement cette substance « crémeuse » envahir mon corps pour me couper de la douleur immédiate. C’est un mécanisme de survie extraordinaire, mais comme toute anesthésie, elle finit par s’estomper, laissant place à une éruption émotionnelle nécessaire.
Un deuil, des multiples facettes
Perdre son conjoint, c’est vivre plusieurs deuils en un seul :
- Le deuil de l’être aimé.
- Le deuil de son identité (« Qui suis-je sans lui ? »).
- Le deuil des projets et du quotidien où il était ma boussole.
Les étapes : Une traversée non-linéaire
Inspirée par les travaux d’Elisabeth Kübler-Ross, j’ai traversé le déni (attendre son retour au petit matin), la colère (en vouloir à la Vie elle-même), et le marchandage. Grâce à mon parcours en développement personnel, j’ai pu éviter le piège de la culpabilité : j’ai accepté que « tout est juste », même ce qui déchire le cœur.
La phase la plus abyssale fut la dépression : un vide énergivore où mes vieux démons sont venus me visiter. J’ai choisi de ne rien refouler, de pleurer des rivières pour vider le trop-plein. Car je le sais : « Ce que tu fuis te suit, ce à quoi tu fais face s’efface. »
La Reconstruction : Revenir au Centre
Depuis l’été dernier, j’ai entamé ma restructuration intérieure. Sans molécules chimiques, mais avec une écoute profonde de mon corps (massages, nature, présence), je retrouve ma verticalité. Accepter le deuil, ce n’est pas oublier, c’est apprendre à vivre avec cette nouvelle architecture.
Mon message à ceux qui traversent la tempête : Le deuil n’est pas une maladie, c’est une médecine ancestrale. Ne laissez personne vous dicter votre rythme. Entourez vous de ceux qui savent écouter sans parler. La Vie finit toujours par reprendre le dessus, et la plus belle façon d’honorer nos défunts est, finalement, de vivre pour deux.
A Mon Cœur. Avec Tout mon Amour. Pour l’Eternité.

